Tout savoir sur les rosiers

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Retrouvez ici des dossiers complets sur nos coups du cœur du mois. Pour tout savoir sur l’histoire, les tendances jardin du moment, les conseils de plantation et d’entretien de nos sélections.

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Les rosiers : généralités

Les rosiers ont donné leur nom à la grande famille des rosacées, et sont proches des framboisiers, des ronces, des fraises ou de l’aubépine. Leur morphologie et leur allure présentent des caractères diversifiés, accrus par le climat, le sol, l’environnement, donc leurs conditions de vie, tout simplement. Les fleurs parfois simples (5 pétales, en général, pour les rosiers sauvages), semi-doubles (en 2 rangées de fleurs simples) ou très doubles, avec beaucoup de pétales. Quel que soit la rose, le nombre d’étamines est toujours important. Au moment du choix, c’est difficile d’élire la forme de ses préférées : églantine, fleurette, pompon, fleur de pivoine, chou, en turban, groupées en bouquets ou en larges inflorescences, seule sur une longue tige… Dans la palette des teintes, infinie, il n’y a que le vrai bleu qui n’existe pas. Le violet, le mauve, le parme, le violine s’en approche sans jamais l’atteindre. Mais les chercheurs n’ont pas dit leur dernier mot, car, non seulement ils rêvent de la rose bleue, mais la rose noire fait partie aussi de leurs fantasmes. Jaspées, liserées, bordées, balayées : les mélanges de couleurs font fureur dans les créations récentes. Le feuillage Les feuilles alternes, divisées en 3, 5, 7, 9 (et parfois plus) folioles ovales sont très différents d’une espèce à l’autre. Parfois le feuillage est minuscule, d’autres fois, très ample. Il peut être vert franc, vert p âle, vert sombre, bronze, bleuté, pourpre. Brillant ou mat, tacheté, dentelé… Certains prennent une couleur rousse ou jaune d’or à l’automne. Presque toujours le feuillage est caduc, mais il suffit d’un hiver doux pour qu’il soit persistant. Les fruits Ce qu’on appelle les fruits (cynorrhodons) sont des faux fruits : les fruits sont à l’intérieur de cette capsule. Certains rosiers ont une fructification absolument éblouissante qui vaut bien une floraison, d’autant qu’elle se prolonge une grande partie de l’hiver, fournissant une nourriture fort appréciable aux oiseaux.

Ce sont surtout les rosiers botaniques qui se parent de ces cascades de perles oranges ou rouges. Parfois, ces fruits ont la forme d’une gourde, ou encore de longue gousse, et peuvent être aussi violets, presque noirs, jaune d’or ou pourpre. Les épines Les rosiers, pour se protéger des prédateurs, ont développé des aiguillons, sur l’écorce. Ces épines peuvent être innombrables, minuscules, grandes, rares, et même presque inexistantes, suivant les espèces et variétés. Certaines sont un atout supplémentaire, comme celles, énormes, rouges, translucides sous le soleil, de Rosa sericea pteracantha. Les rosiers épineux ont un emploi tout trouvé : les haies défensives ! Le port Au moment du choix, n’oubliez jamais le port de l’arbuste. La floraison est de courte durée, et le rosier, lui, doit rester décoratif toute l’année. Erigé, souple, prostré, couvre-sol, buissonnant, choisissez en fonction de vos goûts, de la place dont vous disposez et de son emploi. Qu’est-ce qu’un rosier remontant ? C’est un rosier qui refleurit une deuxième fois dans la même année, et non un rosier grimpant. Légèrement remontant annonce quelques fleurs en deuxième partie de saison. Quant à la floraison continue, elle dure de juin, voire mai, aux gelées. Ceci, bien entendu, si le jardinier a bien fait son travail : suppression des fleurs fanées, sol enrichi, arrosage en cas de sècheresse…

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Les rosiers botaniques

Les roses étaient déjà là il y a 30 ou 40 millions d’années, mais elles n’avaient pas encore d’épines. Celles-ci sont survenues au fil des millénaires, pour les protéger des prédateurs. Puis les couleurs et les parfums sont arrivés, pour attirer les insectes, nécessaires à la reproduction. Une plante botanique, c’est une plante sauvage, née naturelle, et qui ne s’est pas hybridée ni n’a été hybridée par la main de l’homme. Il existe environ 150 rosiers sauvages répertoriés à travers le monde, tous dans l’hémisphère Nord. Ce sont les ancêtres de nos roses actuelles. Les botanistes ne sont jamais sûrs qu’une plante est bien naturelle de naissance. La pollinisation par les insectes a mélangé naturellement les rosiers qui poussaient les uns à côté des autres. Les voyages au bout du monde, les expéditions, le commerce, la route de la soie, la route des épices, la route du thé ont permis la découverte de tous ces rosiers.

Il y a des rosiers nés en Europe. Celui qui fleurit avec charme nos haies, en mai et juin, c’est Rosa canina. Les grandes églantines parfumées, blanches ou rose p âle, donnent, à l’automne, de jolies baies vermillon. Solide, résistant, c’est un excellent porte-greffe. Le meilleur ! Rosa arvensis court dans les arbres. Rosa pimpinellifolia et Rosa gallica sont nés aussi sur notre continent. Et ceux qui sont nés en Amérique. Ces rosiers fleurissent un peu plus tard. Parfait pour l’échelonnement des floraisons. Rosa virginiana apporte une note rose vif et Rosa nitida se pare de nombreuses fleurs rose foncé. Rosa californica, et bien d’autres, animent les bords de routes de la campagne américaine

Les sauvages d’Asie orientale. Rosa chinensis, somptueux, est l’ancêtre de tous nos rosiers modernes remontants. Rosa rugosa (qui a donné naissance à tous ces rosiers solides, que l’on plante en bord d’autoroute), Rosa wichhuriana (l’aïeul des rosiers couvre-sol et des grands sarmenteux), Rosa multiflora… La liste est longue.

Les sauvages du Moyen-Orient. Enfin des roses jaunes ! Lorsqu’on les découvre, elles bouleversent l’univers rose et blanc connu jusqu’alors. Rosa pimpinellifolia, Rosa foetida… Elles ont l’avenir devant elles… Les roses anciennes, les roses modernes

Difficile de savoir quand se fait la scission entre anciennes et moderne, les avis sont partagés. Pour certains, c’est avant 1860, précédant l’apparition des hybrides de thé. Pour les puristes, la création de ‘La France’ (une rose Guillot), en 1867, marque l’ère des roses modernes. Pour d’autres, les roses nées fin 19ème ou début 20ème, qui ont fait rêver nos arrières grands parents, sont des roses anciennes. Pour faire simple, classons celles nées jusque dans les années 30 dans les anciennes, et celles qui sont arrivées dans les catalogues dans les années 40, dans les modernes.

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Quelques emplois pour les rosiers

Un rosier pleureur Les rosiers pleureurs sont époustouflants mais difficile à intégrer dans un jardin. Manquant de naturel, ils paradent souvent comme ‘un cheveu sur la soupe’ dans un massif ! Mais installés à la bonne place ils deviennent magnifiques. Employez-le pour ponctuer l’entrée de la maison, pour égayer le centre d’un potager en carré. Disséminez-les, en pots, dans le jardin de buis. Pour les maintenir en bonne forme, installez un tuteur à pétales qui permet de palisser élégamment les branches. Sur la terrasse, un rosier en pot ? Oui, mais pas n’importe lequel ! Avoir à portée des yeux et de la main des rosiers est une envie bien compréhensible, mais attention, bien peu de variétés acceptent cette culture. Ne craquez que si votre balcon est bien ensoleillé. Procurez-vous de grands contenants, de 45cm en tous sens, au minimum. 60cm est l’idéal. Vérifiez qu’ils sont bien troués. Garnissez le fond de 5 cm de tessons de pots cassés ou de billes d’argile, pour le drainage. Remplissez-les d’un terreau pour rosier, riche en argile. Maintenant, vient l’heure du choix. Dans les rosiers actuels, toute la série des rosiers bordure de chez Delbard convient à cet emploi. Très florifères, avec un feuillage très sain, ils donnent toute satisfaction. ‘Bordure Nacrée’ est un rosier de charme qui se marie bien avec toutes les fleurs bleues. ‘Bordure Rose’ anime de son ton vif les balcons un peu tristes ‘Bordure Blanche’ apaise par sa sobriété, son élégance et sa beauté. ‘Bordure Jaune’ rend joyeux n’importe quel environnement. Presque tous ces rosiers possèdent de petites fleurs. C’est un atout, car elles sont proportionnées à la petitesse de l’espace, donc plus élégantes. Lorsque votre choix est fait, plantez le rosier en positionnant le point de greffe au niveau de la surface du sol ou légèrement au-dessus, jamais en dessous. Prévoyez un arrosage dès que la terre sèche, un apport d’engrais ‘spécifique rosier’, en juin, en juillet et en août, le nettoyage des fleurs fanées quotidiennement, et une légère taille de nettoyage en mars. Ne jamais oublier que les rosiers ont besoin de plusieurs heures de soleil direct dans la journée !

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De grands rosiers en écran fleuri

Les grands rosiers vigoureux et à port bien ramifié créent des murs de verdure et closent le jardin avec naturel, charme et efficacité, gr âce à leurs rameaux épineux.

Chaque rosier arbuste a une particularité. La diversité des formes de fleurs (simples, semi doubles, chiffonnées, aux multiples pétales), la palette des couleurs, l’éventail des parfums, les teintes des feuillages, qui peuvent aller du chartreuse au presque bleu, en passant par le vert sombre et le pourpre, sont autant d’éléments à prendre en compte. Certaines espèces ou variétés déploient des couleurs automnales somptueuses, d’autres fructifient magnifiquement, et ceci pendant tout l’hiver.

Pour composer une haie variée, jolie en toutes saisons, choisissez des rosiers arbustifs à la végétation bien dense. Pour fermer le potager, une haie de rosiers de 1m de hauteur suffit. Pour s’isoler de la rue, il faut choisir des arbustes de 2 voire 3m de haut.

Harmonisez les hauteurs, les couleurs, et tenez compte de leur port en les variant : un arbuste à port raide à côté d’un souple, puis un port évasé. Cela donnera un aspect naturel à votre haie. La première et deuxième année de plantation, taillez en mars les branches qui ont tendance à pousser toutes raides, afin qu’elles se ramifient.

Ensuite, il n’y a pas de taille spécifique : faites, toute l’année, des bouquets de fleurs et de baies (appelées cynorhodons), et coupez les branches indisciplinées qui deviennent gênantes pour les passants ou qui empêchent le rosier voisin de s’épanouir Plantez des rosiers lianes !

Pour transformer votre jardin en lieu magique, laissez les rosiers lianes vivre libres, cascader sur les arbres, jouer à cache-cache avec les oiseaux…

Les tiges des rosiers lianes s’agrippent aux branches des arbres pour atteindre le sommet, parfois jusqu’à dix mètres de haut, avant de retomber en guirlandes de petites fleurs presque sauvages.

La floraison exceptionnelle explose en mai juin, voire en juillet. Le rosier se fait oublier pendant l’été mais, à l’automne, la fructification, composée de milliers de fruits oranges ou rouges, lui confère une beauté incomparable et fait le régal des oiseaux.

Vigoureux, ils méritent d’avoir leur place dans tous les jardins. Un vieux pommier, un poirier qui donnent peu de fruits ? Voilà l’endroit tout trouvé pour installer un rosier liane.

Ils habillent aussi avec gr âce un grand mur ou une tonnelle.

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Plantation et entretien

Quand les planter : en racines nues, de novembre à mars. En conteneur, toute l’année Comment les planter : Faire un trou de plantation de 50cm sur 50cm. Les rosiers aiment une terre lourde. Un engrais organique est indispensable à la plantation. Ensuite, n’oubliez pas d’en apporter chaque hiver. Comment les entretenir : Bien arroser la première année de plantation. Arrimez solidement les branches au fur et à mesure de leur croissance les grimpants et les lianes, afin de ne pas risquer l’éboulement du rosier devenu immense, un jour de grand vent.

Et la taille ?

Tout l’été, supprimez les fleurs fanées, sauf sur les rosiers non remontants et qui forment de beaux fruits. En mars, taillez peu les rosiers à l’allure naturelle, et assez court ceux dont les branches sont raides.

cglace Coté Cuisine : la rose gastronomeconfiture

Toutes les roses ne sont pas bonnes à manger. Ce n’est pas parce que le parfum est puissant qu’elles seront délicieuses en confiture, inversement, une rose non parfumée peut se révéler très aromatique lorsqu’on la déguste. Certaines sont amères, d’autres douces et suaves, charnues et délicieuses… Il n’y a qu’un moyen de savoir si elles sont consommables, c’est de les goûter. En confiture, cristallisés, en beurre (dans une terrine, une couche de beurre, une couche de pétales de roses, une couche de beurre… à laisser reposer au réfrigérateur une journée avant de déguster avec des biscuits ou de jeunes légumes frais), les pétales s’utilisent facilement… Ne mangez, bien sûr, que des fleurs non traitées.

Confiture de poires et pommes aux pétales de roses

Pour 6 pots de 200 g :

  • 500g de poires fondantes
  • 500g de pommes ‘Tentation’
  • 10 roses très parfumées, à peine ouvertes
  • 600g de sucre

Lavez et épluchez les pommes et les poires. Coupez-les en 4 et ôtez les pépins. Coupez les fruits en dés. Mettez les fruits recouverts du sucre dans la bassine à confiture et laissez macérer 1h. Portez à ébullition et laissez cuire doucement pendant 15mn. Remuez, écumez. Ajoutez les pétales de roses après avoir enlevé la partie blanche, à la base, très amère. Laissez cuire 30mn tout doucement. Remuez, écumez. Mettez en pots, fermez aussitôt.

Soupe glacée pastèque, melon, framboises et roses

Pour 6 personnes :

  • 500g de chair de pastèque
  • 1 melon
  • 200g de framboises
  • 50 pétales de roses

Prélevez la chair du melon avec une cuillère. Coupez la pastèque en dés, ôtez les pépins. Conservez la moitié des framboises. Mixez l’autre moitié avec le melon et la pastèque. Réservez au frais. Au moment de servir, versez dans de grands verres. Posez quelques framboises puis répartissez les pétales de roses.

La confiture de cynorhodons

Les cynorhodons, petits fruits rouges de l’églantier, notre rosier sauvage. On en fait une très bonne confiture. Et si pleine de vitamine C… Cueillez ces baies lors de vos promenades, mais ramassez aussi les fruits des rosiers de votre jardin, également délicieux. Pourquoi ne pas faire un choix, au moment de la plantation en fonction de la fructification ? Les rosiers type rugosa donnent d’énormes fruits à la saveur de prune.

Attendez les premières gelées pour faire cette cueillette, les fruits sont plus tendres et plus goûteux. Cueillette qui peut se poursuivre tout l’hiver, tant que les fruits sont bien rouges.

Il vous faut

  • Des cynorhodons
  • 1 kilo de sucre cristallisé par kilo de purée de fruits.
  • Une bassine à confiture
  • Une cuillère en bois
  • Un moulin à légumes
  • De la paraffine
  • De jolis bocaux

Faites macérer les fruits équeutés dans un récipient empli d’eau pendant une nuit. Rincez-les, faites-les cuire dans de l’eau pendant une demi-heure. Lorsqu’ils sont tendres, ouvrez les fruits un à un et enlevez le ‘poil à gratter’ qui se trouve à l’intérieur.

Passez les fruits au moulin à légumes à la grille fine.

Pesez la purée onctueuse obtenue et ajoutez le même poids en sucre. Faites cuire en tournant régulièrement avec une cuillère en bois pendant trente minutes.

Pour vérifier si la confiture est prise, la bonne vieille méthode est toujours de rigueur : Une goutte versée sur une assiette froide doit se solidifier de suite.

Ecumez et mettez en pots. Lorsque la préparation est froide, coulez une fine pellicule de paraffine. Fermez les bocaux.

Quelques variantes.

Une cuillère à café de cannelle en poudre par kilo de purée de fruit lui confère un côté exotique très agréable. La vanille ou un zeste de citron lui va très bien aussi.

Cette confiture est exquise au petit déjeuner et au goûter, mais, plus étonnant, elle est parfaite aussi pour accompagner le gibier et les fromages bleus.

Quand les parfums des roses investissent la maison !

Se laisser envoûter par les parfums du jardin, c’est merveilleux. Pour les accueillir à la maison, concoctez des pots-pourris à la rose. Un pot-pourri se compose de feuilles, fleurs ou bois parfumés qui conservent leurs senteurs une fois séchés. Préparez, au fil des mois d’été, tous les éléments végétaux, puis placez-les dans des bocaux hermétiques avant de les utiliser. La poudre de racines d’iris de Florence, que l’on trouve en herboristerie, fixe les parfums. C’est un petit plus à ajouter, presque indispensable. Au moment de créer le pot-pourri, choisissez parmi les végétaux recueillis ceux dont les arômes se marient bien. Dans un grand saladier, mêlez, en douceur, tous les éléments. Ajoutez 1 cuillère à soupe de poudre d’iris, et, suivant, votre goût, des épices, des huiles essentielles et, éventuellement, 2 cuillérées d’huile d’amande douce, pour lier l’ensemble. Remuez longuement, puis transférez ce mélange dans un contenant bien hermétique. Prélevez au fur et à mesure ce qui vous est nécessaire. Au fil des mois, vous pouvez raviver les senteurs en versant quelques gouttes d’essences florales.

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Coté maison : le pot pourri à la rose

Lorsque, au jardin, les roses sont à leur apogée, sentez-les une à une et faites votre choix en fonction de leur parfum.

Pour les récolter, attendez qu’elles soient très épanouies, juste avant qu’elles ne fanent, afin de profiter de leur floraison. Récupérez les pétales le matin, lorsque la rosée s’est évaporée. Etendez-les sur un torchon, au soleil, ou, encore plus rapide, derrière le pare-brise de votre voiture, en pleine chaleur. Couleurs et senteurs se conservent ainsi parfaitement.

Au moment de préparer le pot-pourri, mariez-les à la lavande, au thym ou aux bleuets, et à quelques épices, comme le poivre, le girofle ou la cannelle. Ajoutez 2 ou 3 gouttes d’essence de rose.

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